Le débat est
ouvert.
Cliquez ici pour participer
Questions sur la crise Videos - Dailymotion
"
Quel nouveau modèle
de développement
économique et social
pour l'après-crise? "
La crise économique et sociale qui secoue le monde nous interpelle sur les fondements mêmes de l'économie de marché. Comment en est-on arrivé là ? Les
réponses apportées à la crise, au niveau international, en Europe et en France sont-elles à la hauteur du séisme qu’elle a provoqué ? Quel point d'appui donner aux salariés pour rebondir ? Comment changer nos politiques et nos institutions pour assurer une croissance
harmonieuse, juste, et durable ? Quel nouveau modèle économique, social, et politique apparait le plus prometteur a la lumière de la crise ?
Le discours d'introduction
à l'Université populaire participative
Lire le discours :
Chers amis,
Notre université populaire sur « comment sortir de la crise ? » a été fixée il y
a bien longtemps mais force est de constater qu’elle intervient dans un contexte politique que l’on ne peut pas passer sous silence. D’autant qu’elle renforce notre volonté de travail, de
dialogue, d’écoute et de proposition.
Et d’abord l’abstention, quelles leçons en tirer ?
En effet, l’abstention record en France (60 %) comme en Europe (57 %) avec des
pointes à 80 % dans les départements d’Outre-mer et à près de 90 % dans de nombreux quartiers de banlieues en passant par 70 % chez les 18-30 ans, 70 % chez les ouvriers et employés, cette
abstention appelle un sursaut, une audace nouvelle, surtout ici à Désir d’Avenir où notre raison d’être, a toujours été la démarche participative c'est-à-dire la conviction que toute politique
qui se fait sans le peuple, sans le citoyen, est une politique qui finit par se faire contre les peuples.
Pour en revenir à notre sujet d’aujourd’hui, ce sont ceux qui souffrent le plus
de la crise qui sont le moins venus voter.
Ce n’est pas de l’incivisme ni de la négligence contrairement à ce qui a pu être
dit par des commentateurs pressés ou condescendants. C’est un message politique de la part de celles et ceux qui attendent parfois désespérément des solutions porteuses
d’espoir.
Sur le Parti Socialiste je dirai juste un fait non polémique qui est un fait
précis et incontestable : ce sont 6,7 millions de voix qui ont été perdues depuis le premier tour de l’élection présidentielle. Surtout chez les jeunes, les femmes et les quartiers
populaires. Ce qui veut dire que ceux qui subissent la crise sont ceux qui ce sont détournées du vote.
Face à cette situation nous devons avoir l’audace d’espérer, le courage de
reconstruire, la générosité pour changer de système.
Pourquoi cette université populaire participative ?
Tout d’abord pour évaluer l’ampleur de la crise qui comme chacun l’admet
aujourd’hui nous plonge dans une longue et douloureuse récession.
L’OCDE prévoit une baisse de 3,3% du PIB en 2009 et un taux de chômage de 10% en
2009 et de 11% en 2010.
Quelle politique pour défendre l’emploi et le pouvoir d’achat et comment la crise nous oblige à repenser le modèle pour mettre résolument la France sur le chemin de la croissance durable dans
l’économie mondialisée.
Je remercie chaleureusement nos intervenants d’avoir accepté notre invitation et
Dominique Bertinotti de nous accueillir à la mairie du 4ème arrondissement.
- Jacques Attali, président de la commission qui porte son nom
et président de PlaNetFinance auteur de nombreux ouvrages qui en font un formidable éclaireur d’idées. Auteur notamment en 2008 de La crise et après.
- Edouard Martin, syndicaliste CFDT à Arcelor Mittal, à la
pointe du combat contre la fermeture du site de Gandrange que j’ai rencontré plusieurs fois sur place.
- Gontran Lejeune, président du Centre des jeunes dirigeants,
dont le témoignage sera accompagné de quelques interviews filmées de quelques chefs d’entreprise, président du Centre des jeunes dirigeants.
- Jean-Paul Fitoussi, président de l’OFCE et qui participe au projet
et co-auteur d’un rapport à paraître sur les nouveaux indicateurs de croissance avec Amartya Sen et Joseph Stiglitz qui sera parmi nous en direct par liaison vidéo. Auteur de La
nouvelle écologie politique : économie et développement humain.
- Yann Algan, qui a beaucoup travaillé sur la confiance comme
condition d’émergence d’un nouveau modèle de développement, vient de recevoir le prix du meilleur jeune économiste français, et est l’auteur du livre La société de défiance.
- Jacques Barbier, président du pôle de compétitivité des
éco-industries crée dès 2004 dans la Région Poitou-Charentes qui regroupe plusieurs centaines d’entreprises et laboratoires de recherche, c’est le passage des discours à l’action, dans une région
classée numéro un par la Banque Européenne d’Investissement pour son plan énergie solaire avec la mobilisation de 400 millions d’euros.
- Et enfin Philippe Aghion, professeur d’économie à Harvard,
qui a coordonné l’organisation de cette université. Auteur du rapport du Conseil d’analyse économique, Les leviers de la croissance française.
Dans cette démarche pour construire un nouvel ordre économique, social et
écologique, il y a au moins cinq défis que je voudrais voir évoqués ce soir.
1. Premier défi : gouverner l’économie mondiale et réduire les
inégalités.
Nous avions pensé que la crise marquerait le début d’une ère nouvelle de responsabilité et de contrôle. Malgré les avancées du G20 nous voyons persister des signaux inquiétants : le bilan des
banques en Europe demeure opaque ; le crédit ne circule toujours pas ; aux Etats-Unis, les banques américaines s'empressent de vouloir se dégager de la tutelle publique que Barack Obama a
courageusement mise en place.
Par ailleurs, le rapport remis par le directeur général de l’INSEE Jean-Philippe Cotis montre que les très hauts salaires ont connu les plus fortes hausses quant ceux des moyens et petits
salariés stagnaient ou baissent en pouvoir d’achat. Quand à la rémunération des actionnaires, elle a explosé au cours des vingt dernières années, au détriment de l’investissement et des
salaires. Il n’y a pourtant pas de fatalités : en faisant passer la part des dividendes de 36% à 12% des profits, il est possible d’augmenter la masse salariale de 10%.
2. Deuxième défi : construire des sécurités nouvelles
L’angoisse monte, face aux risques de perte d’emploi et de pouvoir d’achat, de fermetures d’entreprises, de manque de débouchés au sortir de l’école, de problèmes d’accès à la santé et face à la
montée de toutes les formes de violences et d’agressivité, nous devons apporter des réponses car les peurs nourrissent les conservatismes et empêche notre pays d’aller de
l’avant.
3. Troisième défi : la révolution écologique pour sortir de la
crise. C’est la société toute entière qui doit changer. Comme le dit excellemment Edgar Morin que nous retrouverons à Poitiers pour l’Université Populaire sur les défis de la politique de
civilisation d’octobre : « Il ne suffit pas d’introduire l’écologie dans la politique car les problèmes de justice, de l’Etat, de l’égalité, des relations sociales échappent à l’écologie.
Une politique qui n’engloberait pas l’écologie serait mutilée, mais une politique qui se réduirait à l’écologie serait également mutilée. »
4. Quatrième défi : libérer les énergies par l’éducation, la
formation, recherche et le soutien aux entrepreneurs.
5. Cinquième défi : la révolution démocratique. Disons-le une
fois de plus il n’y aura pas de réforme réussie si elle se fait contre les gens et à leur place. Démocratie sociale dans l’entreprise avec un vrai pouvoir de contrôle. Démocratie parlementaire
avec un vrai pouvoir d’expertise des députés. Démocratie territoriale avec une réforme qui met fin à l’opacité et aux doublons. Démocratie de l’Etat avec une liberté garantie de la presse et des
médias audiovisuels pour satisfaire la soif d’un vrai débat public sur les questions de fond, et enfin démocratie participative avec notamment l’évaluation par les citoyens des politiques
publiques.
N’en doutons pas : faire la société plus humaine et plus fraternelle c’est la
tâche immense des socialistes et de la gauche.
Qu’est ce qu’un parti politique de gauche, et il deviendra exemplaire ce parti,
s’il est plus enthousiaste, plus aventureux, plus audacieux, plus généreux, plus hospitalier aux idées et aux êtres, plus sincère en son sein, plus fraternel que la société qu’il veut transformer
?
Les citoyens viendront voter s’ils se sentent respectés, ils sont les meilleurs
experts de ce qui les concerne. Nous avons droit à l’information indispensable qui nous permet de mieux comprendre le monde afin de le transformer. C’est le sens du travail que nous faisons ce
soir.
Cette université est diffusée sur Internet, car nous nous sommes engagés,
justement, à mettre l’excellence de la connaissance et de l’expérience, à la portée de tous.
Merci par votre exigence et votre présence d’y contribuer.