Aurélie FILIPETTI
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Par Aurélie Filippetti le mercredi 1 octobre 2008, 18h02 - Edito
Je suis scandalisée par les propos
ignobles
du Président du Conseil Général et sénateur de Moselle
Philippe Leroy, sur France 3 Lorraine,
comparant l'accueil des "populations de Gitans" par les communes
au stockage de déchets radioactifs et au traitement des déchets ménagers.
Faut-il rappeler que c'est sous le 3e Reich
que gitans, tziganes, roms, gens du voyage
ont été systématiquement éliminés par les nazis
car ils étaient considérés précisément comme des "déchets de l'humanité"?
A l'heure où l'histoire fait la lumière
sur le génocide des Gitans pendant la 2e Guerre Mondiale,
les propos d'un politique du niveau de M. Leroy sont insupportables.
Face à la gravité d'une telle comparaison,
je soutiens les associations
qui ont demandé la démission de Monsieur Leroy de tous ses mandats.
Aurélie Filippetti Députée de Moselle
Jean-Louis BIANCO,
député des Alpes de Haute-Provence (04)
La voix est libre - Mediterranée -
France 3
Samedi 27
septembre,
Alors que les syndicats étaient reçus jeudi 4 décembre par le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, une "veillée des écoles" (voir la vidéo) était organisée à Marseille par les enseignants et parents d'élèves pour informer sur les grands enjeux d'éducation et les risques posés par les réformes. Celles déjà mises en œuvre comme celles à venir.
Pour le secrétaire général de la FSU Gérard
Aschieri, interrogé avant sa visite chez Xavier Darcos, "les petits pas en arrière du ministre ces derniers jours -il s'est excusé à propos de ses déclarations sur le travail des instituteurs de
maternelle et est revenu en partie sur la suppression des Rased-, ne sont néanmoins pas suffisants".
Les lycéens bloquent leurs établissements
Dans le secondaire, les lycéens marseillais sont particulièrement mobilisés. Mardi matin, une dizaine d'établissements étaient bloqués. Rebelote ce mercredi où, devant le lycée Montgrand, situé juste en face de la Préfecture, les forces de l'ordre ont délogé les élèves "grévistes" qui bloquaient l'entrée de leur établissement à l'aide de poubelles, en faisant notamment usage de gaz lacrymogène.
Ce jeudi, pas vraiment échaudés, les lycéens ont
renouvelé leur blocus mais ils avaient cette fois-ci prévu des fleurs à offrir aux policiers:
Pour les en dissuader, l'Inspection d'académie a fait partir, mardi en fin d'après-midi, une circulaire dans laquelle elle mettait discrètement la pression sur les écoles les plus en pointe dans le mouvement.
Tour d'horizon des dossiers sensibles avec quatre enseignants et un lycéen
marseillais.
Yves Assassin est maître d'adaptation dans trois écoles du centre-ville. Il est l'un de ces instituteurs "Rased" (Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) dont il est beaucoup question ces derniers jours. Depuis que Xavier Darcos a annoncé leur suppression.
Même si ce dernier a fait un pas en arrière cette semaine -3000 postes "seulement" supprimés sur 8000- Yves Assassin déplore la casse d'un "dispositif unique" qui permet d'aider les enfants "en très grande difficulté" et qui leur donne la possibilité, pour s'en sortir, de faire "un pas de côté".
Pour faire comprendre tout l'importance de son travail, il a souhaité revenir sur
l'histoire d'une petite fille de 4 ans qui, explique-t-il, "a été son ancrage" dans ce métier. Il prend ici le temps de la raconter:
"Il ne s'agit pas de remédiation, c'est autre chose, ce n'est pas mauvais en soi pour des élèves qui ont de petites difficultés, mais ce n'est pas le même public et l'administration elle-même le reconnaît.
"Dans la circulaire d'installation de ce nouveau dispositif, il est bien précisé que ce ne sont pas les élèves en très grande difficulté qui doivent intégrer ces groupes d'aide personnalisée".
Amandine Isaia est institutrice et directrice à l'école Cité Saint-Louis, dans les quartiers Nord de Marseille. "Directrice pour le moment", précise-t-elle, car elle en assure la direction à tour de rôle avec ses autres collègues.
"C'est une toute petite maternelle comme on n'en fait plus" avec quatre-vingt enfants, trois classes seulement, une par section.
La mise en place de "jardins d'éveil" pour les enfants âgés de deux-trois ans, telle que présentée début novembre dans le rapport Papon-Martin signe, selon elle, la disparition à plus ou moins court terme de la maternelle.
"C'est un projet extrêmement dommageable pour de nombreuses familles, notamment dans certains quartiers dits défavorisés où la scolarisation des enfants de deux ans est essentielle. C'était d'ailleurs l'un des grands enjeux des zones d'éducation prioritaires."
Pour Amandine Isaia, ce démantèlement de la maternelle "ne fait qu'aller dans le sens de toutes les réformes de Xavier Darcos":"On tend vers une libéralisation de l'école en même temps qu'une remise en cause du principe même d'égalité des chances."
L'agence de remplacement, les suppressions de postesCynthia Bourdier est institutrice remplaçante à la maternelle Abeille-Consolat (Ier arrondissement). Elle évoque le projet d'Agence nationale de remplacement, également avancé ces derniers mois par le ministère de l'Education.
Le projet pourrait accélérer l'embauche de vacataires dans l'Education nationale et fragiliser davantage le dispositif actuel de remplacement des enseignants.
Selon elle, "si on ne sait pas grand chose du projet", il est en parfaite corrélation "avec l'annonce de la suppression de 13 500 postes d'enseignants supplémentaires l'an prochain, la mise en place du service minimum d'accueil ou encore la fermeture des listes complémentaires".
La réforme des lycéesMarwan Mettouchi est en terminale au lycée Montgrand, également responsable du syndicat lycéen Fidl Aix-Marseille. En seconde dans son établissement, les élèves sont entre 30 et 35 par classe. Une situation qui, selon lui, ne fera que se renforcer avec la suppression annoncées de postes d'enseignants et la réforme du lycée:
"Marseille doit être le fer de lance du mouvement national parce que le recteur et son équipe sont à l'origine de la réforme du lycée".
Casse de l'école et désobéissanceChloé Herszkowicz est directrice de l'école des Dames, maternelle située en zone d'éducation prioritaire. "C'est une école un peu particulière, explique-t-elle, car je récupère tous les enfants du centre-ville qui n'ont pas eu de place dans leur école de quartier."
"Il y a donc une population très changeante avec beaucoup d'enfants qui vivent dans une très grande pauvreté et d'autres qui sont mieux lotis. Il y a de fait une mixité sociale qui apporte énormément de richesse à tout le monde."
Pour elle, l'école que prépare le gouvernement va disloquer ces solidarités, creuser les inégalités entre les enfants, entre les familles, et instituer une système scolaire à l'anglo-saxonne. Les prétextes budgétaires masquant mal l'idéologie de la politique régnant actuellement.
Chloé Herszkowicz évoque la "lettre de désobéissance" qui circule depuis plusieurs jours et qu'ont choisi de signer de nombreux instituteurs pour justement dénoncer cette politique. Refusant ainsi d'appliquer les nouveaux programmes, de mettre en place l'aide personnalisée, etc. A Marseille, toutes les lettres recueillies seront remises à l'Inspecteur d'académie vendredi 5 décembre.
► Mis à jour le 5/12/08 à 13h50, ajout d'un lien vers la vidéo de la "veillée des écoles".
Contre les réformes Darcos,
la "veillée des écoles" mobilise
Plus d'un millier d'enfants, d'enseignants et de parents d'élèves marseillais ont défilé jeudi soir entre le palais Longchamp et le Vieux-Port à l'occasion de la "veillée des écoles" organisée pour dénoncer les réformes actuellement mise en place dans l'Education nationale. Un cortège qui a surpris par son ampleur.
Après avoir organisé des
temps d'information et de discussion dans les écoles en fin de journée, les manifestants ont convergé vers la place Leverrier, dans le 4e arrondissement. Une trentaine d'établissements étaient
représentés dont plusieurs des quartiers Nord de la ville.